J'appliquais délicatement mes doigts sur mes tempes et massais mon pauvre crâne. Vu ce qu'il venait de subir il le méritait amplement.
Puis je relevais la tête et regardais mon interlocuteur. Il illustrait à merveille la théorie d'Albert EINSTEIN.
Non pas e=mc². L'autre : "Deux choses sont infinies, l'univers et la bêtise humaine. Mais je ne suis pas sûr pour l'univers."
Puisque cela était nécessaire je m'adressais de nouveau au décébré me faisant face:
"Vous pouvez me répéter ça ?"
"Oui, c'est comme je vous dis inspecteur." Répondit-t-il dans une pathétique imitation de l'accent racaille. "Moi je courais. On a bien le droit de courir dans la rue ? Non."
"Oui, continuez."
"Donc en courant ma main s'est accroché au sac de la vioque."
"La personne âgée."
"OK comme vous dîtes. Donc la vio.. la meuf elle s'est tout de suite imaginé des choses. Elle a crû que je la volais. Mais moi je suis pas un leurvo. Je vous le jure sur la tête de ma reum. Alors elle s'est mise à gueuler, et ça a fait venir le keuf."
Je levais la main pour l'interrompre. J'étais au bord de la brutalité policière. Il était temps que j'abrège un peu :
"Si vous aviez rien fait. Pourquoi vous être enfui à l'approche du policier ?"
"Sauf votre respect les condés. Pas comme vous hein, ceux en uniforme ils ont des préjugés. Dès qu'un mec est pas cachets d'aspirine ils le shottent."
"Vous êtes blanc.' Dus-je préciser.
"Ouais c'est vrai. Mais regardez mon look. Je suis presque un brother."
Ce crétin croyait que ses baskets de luxe, et sa chaine du même accabit en faisaient un mec des quartiers pauvres. Ce petit bourg connaissait-il seulement la définition du mot misère (ou sèremi pour me mettre à son niveau) ?
"Et c'est parce que vous avez eu peur de lui, vous vous êtes mis à le cogner ?" Ajoutais-je en redoutant la réponse.
"Ben oui. Mais si il a eu le dessus c'est parce qu'il s'est pas battu à la régulière. Sinon je le sèchais. Moi les combats de rue ça me connait."
"Ca va j'ai pigé. Bon on est bien d'accord. Je mets ça sur votre déposition et vous ne demandez pas d'avocat ?"
"D'accord. C'est la vérité et j'ai pas besoin d'un avocat pour le prouver."
Sur ceux je le laissais signer. Après tout il était adulte du moins légalement. Il songeait sans doute grâce à son exploit se la jouer terreur auprès de ses potes. L'argent n'entrait probablement pas en ligne de compte.
Quant à la pauvre vieille elle était la proie rêvée pour l'agoraphobie. Remarque ça faisait une emmerdeuse de moins à tergiverser avec la caissière alors que j'attends mon tour au supermarché.
Il ne me restait plus qu'à attendre l'arrivée des parents de mon déliquant du dimanche. A coup sûr lls me sortiraient que leur rejeton n'était pas responsable. C'était de la faute de la télé, des jeux vidéos, de la musique... En tous cas ce n'est pas de la sienne et encore moins de la leur.
Voilà le genre de plainte à la con que j'enchaînais depuis mon arrivée ici.
"Une enquête ne devrait pas tardée à vous être attribuée." M'avait dit CONNOR.
Mon cul ! Enfin ce n'était pas le premier de supérieurs à me foutre dans un placard. Autant s'y faire.
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LES SOCIETES N'ONT QUE LES CRIMINELS QU'ELLES MERITENT